« Arrêter l’allaitement n’était pas une option pour moi, j’ai donc opté pour une alimentation sans protéines de lait de vache. »
Sophie est infirmière pédiatrique de formation et maman de trois jeunes enfants. Ils souffrent tous les trois d’une allergie aux protéines de lait de vache qui n’a été décelée que lorsque son deuxième enfant est né. Malgré la découverte de l’allergie, Sophie a tenu à continuer l’allaitement. Elle est donc passée à un régime alimentaire strict.
Avec Jack, leur premier fils, qui est aujourd’hui un petit garçon de 6 ans plein de vie, Sophie et son mari ne connaissaient encore rien des allergies alimentaires. Ils partaient du principe qu’il était normal qu’un bébé pleure beaucoup et longuement. « Pendant 6 mois, Jack a pleuré à pleins poumons pendant des heures d’affilée. » se souvient Sophie.
Peu après sa naissance, le pédiatre diagnostiqua des problèmes de reflux. Il conseilla au jeune couple de consulter un ostéopathe pédiatrique. « Ni nous en tant que parents, ni les spécialistes n’avons imaginé un seul instant que la détresse de Jack était liée à une allergie aux protéines du lait de vache. Il y a six ans, on en parlait à peine. » Heureusement pour Sophie et Stijn, après six mois difficiles à tourner en rond avec leur bébé dans les bras, les pleurs se sont arrêtés et Jack est devenu beaucoup plus calme.
Otites
Trois ans plus tard naissait Laure, la petite sœur de Jack. « Avec elle aussi, les trois premiers mois ont été compliqués, plus encore qu’avec Jack. Le soir, nous tournions en rond avec elle pendant environ trois heures en moyenne pour la calmer et je dormais assise avec Laure dans les bras. », raconte Sophie. « Le pédiatre a évoqué une allergie aux protéines du lait de vache, ce qui m’a permis à moi-même ainsi qu’à l’infirmière pédiatrique de faire le lien avec les problèmes dont Jack avait souffert. » Comme elle souhaitait poursuivre l’allaitement, Sophie a commencé à suivre un régime sans protéines de lait de vache ni soja.
Au bout de deux semaines, elle remarqua une nette amélioration. Mais Laure avait encore souvent des otites. « Ce n’est qu’à l’âge d’un an et demi que le médecin ORL a diagnostiqué chez Laure une forme sévère de reflux caché. Cela a été établi grâce à une pH-métrie, un examen réalisé à l’aide d’une sonde gastrique qui mesure l’acidité de l’estomac pendant 24 heures. C’était au point que l’acide arrivait jusqu’à ses oreilles, provoquant ainsi des otites. »
Des drains dans les oreilles ainsi que la prise de médicaments ont permis une amélioration. « Mais dès que Laure prenait un peu de lait de vache, le reflux et les otites s’aggravaient, il fallait donc faire preuve de prudence. » Finalement, Sophie a pu continuer à l’allaiter jusqu’à ses 21 mois. « Jusqu’à ce que je ne puisse plus le faire, car je devais prendre des médicaments contre les nausées, ayant découvert que j’étais de nouveau enceinte. »
Essais et erreurs
À la naissance de Max, leur fils aujourd’hui âgé de 6 mois, Sophie et son mari ont identifié au bout de trois semaines les premiers signes d’une allergie aux protéines du lait de vache. « J’ai alors délibérément arrêté de consommer des produits laitiers et à base de soja, sur les conseils de mon pédiatre. Heureusement, il n’y a eu aucun problème lorsque j‘ai réintroduit le soja dans mon alimentation après deux semaines. »
Aujourd’hui, Jack aime beaucoup boire du lait demi-écrémé, mais il n’en est pas encore de même pour Laure. « Nous pensons qu’il est préférable d’éviter de prendre des risques et de faire vivre de nouveau à Laure des moments difficiles », explique Sophie. Elle reste encore très prudente concernant sa propre alimentation. « Cet été, Max semblait aller mieux, je me suis donc autorisée à déguster du fromage pendant nos vacances en France. Mais cela a déclenché de nouvelles réactions allergiques. Depuis l’été, je suis à nouveau un régime strict afin de pouvoir poursuivre l’allaitement et j’espère continuer jusqu’à ce que Max ait deux ans. »
(R)évolution alimentaire
Nous consommons souvent des protéines de lait de vache sans nous en rendre compte, car on ignore souvent dans quels aliments elles sont présentes. « Récemment, je suis allée prendre le petit-déjeuner avec une collègue, et j’ai signalé au personnel que je ne pouvais pas consommer de protéines de lait de vache. On m’a assuré que ce que je mangeais n’en contenait pas. Mais ce soir-là, Max a eu beaucoup de coliques et il a pleuré presque toute la nuit car il n’était pas bien. C’est la preuve qu’il y avait bien des protéines de lait de vache dans ce que j’avais mangé. »
Sophie doit aussi être vigilante lors des réunions de famille. « Lors des fêtes, il y a souvent du gâteau, et malheureusement, je ne peux pas en manger. Donc maintenant, je fais mes propres gâteaux, je suis ainsi tout à fait sûre de pouvoir les déguster sans soucis ! Auparavant, je trouvais ça bizarre de voir quelqu’un lire les étiquettes en magasin, maintenant, je réalise à quel point c’est important. », dit-elle en riant.